
Mardi 1er juillet, lors d'une conférence de presse, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a présenté sa mesure permettant aux pharmaciens de vendre des médicaments devant le comptoir. En tout, près de 250 médicaments sont concernés. Il s'agit de 217 spécialités pharmaceutiques, 12 médicaments à base de plante et 19 médicaments homéopathiques. Le décret est paru ce mardi au Journal Officiel et la liste exacte des spécialités a été dévoilée.
Cette liste a été élaborée par l'Agence Française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et ne contient que des médicaments non remboursables. Le Nurofen, l'Actifed, l'Activir, le Drill, l'Humex, ainsi que les substituts nicotiniques, en font notamment partie.
Lors de la conférence, la ministre, interrogée sur la libéralisation de la vente de médicaments, a bien précisé que cette mesure n'est pas une étape vers la vente des médicaments en grandes surfaces. "Au contraire, cette mesure est la meilleure façon de protéger les pharmaciens. Un médicament n'est pas un produit de consommation banal, et je rappelle que chaque pharmacien est libre de vendre ou pas des médicaments devant son comptoir", a-t-elle indiqué.
Le dispositif s'accompagne de mesures visant à mieux informer les patients, et à les rendre plus responsables. Des fiches d'information sur les pathologies et les types de produits vendus seront mis à leur disposition dans les officines. Elles les informeront notamment sur "les interactions ou les surdosages liés au paracétamol, à l'ibuprofène et à l'aspirine".
Cette décision du gouvernement a pour objectif affiché de faire baisser les prix des médicaments, en instaurant davantage de concurrence entre les officines.
Ce décret a entraîné une très forte polémique, en particulier de la part des pharmaciens. Selon une enquête CSA/Cecop, les Français y seraient opposés. 75% d'entre eux ne se disent pas prêts à acheter des médicaments en dehors des officines.