
(Paris - Relax news/Santé-Médecine.net) - Jeudi 27 mars ont été présentés les résultats d'une grande enquête sur les conditions de vie des patients deux ans après leur diagnostic de cancer. Réalisés auprès de 4.270 personnes par la Drees dans le cadre du Plan cancer, avec l'appui de l'Inserm, ces travaux révèlent que le suivi psychologique des personnes malades est indispensable. Au moment du diagnostic, 11% des personnes interrogées y ont eu recours, et 18% auraient souhaité en bénéficier mais n'en ont pas eu.
Concernant l'annonce du diagnostic, l'enquête montre qu'il s'agit d'"un des moments les plus intenses de la relation entre un malade et son médecin". Une personne sur cinq déclare que son diagnostic ne lui a pas été annoncé en face à face, et une sur quatre considère que cela s'est fait de façon "trop brutale".
Des patients qui assument leur maladie, puisque huit sur dix en parlent directement. Ils sont tout de même 9% à déclarer avoir subi des discriminations quant à leur maladie, dont 3% de la part de leur entourage familial. La maladie est surtout un handicap professionnel : si 88% des personnes de 18 à 57 ans ayant participé à l'étude étaient en activité, une personne sur quatre a déclaré une baisse de revenus deux ans après le début de sa maladie.
De manière générale, un patient sur trois estime avoir une très bonne relation avec le système de soins, et six sur dix une bonne relation. L'enquête montre que plus les patients sont jeunes, et moins ils sont satisfaits de leurs soins. Deux ans après le diagnostic de cancer, 43% des patients se disent même "guéris", contrairement à la conception médicale de la guérison.
Côté vie privée, deux ans après le diagnostic, 76% des personnes interrogées indiquent être toujours avec le même conjoint, et 37% estiment que le cancer a renforcé leur relation. En revanche, pour 7,7% des personnes, le cancer a détérioré leur relation conjugale. Si un tiers des répondants sont infertiles, 40% des femmes de 20 à 40 ans ont un projet d'enfant, tout comme 50% des hommes de 20 à 44 ans.
L'étude a été présentée ce jeudi par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui a indiqué dans un discours tenu au Ministère de la Santé qu'il fallait "garantir une prise en charge, non seulement plus efficace, mais aussi plus humaine" du cancer.
En France, on estime que 2 millions de personnes ont eu un cancer. En 2000, le nombre de nouveaux cas de cancer était estimé à 280.000, et le nombre de décès pas cancer à 150.000. Alors que l'incidence des cancers augmente, le risque de mortalité diminue sensiblement depuis les années 80.