
(Paris - Relax news) - Dimanche 13 avril, dans l'émission
Le Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé un transfert possible de certaines dépenses de l'Assurance maladie, dont l'optique, vers des organismes complémentaires, pour réaliser des économies. Interrogé par Relaxnews, Christian Romeas, vice-président de l'Asnav (Association pour l'amélioration de la vue), et co-président du Conseil interprofessionnel de l'optique, réagit à cette annonce.
Relaxnews : Que pensez-vous de l'annonce de Roselyne Bachelot ?
Christian Romeas : Pour le moment, il ne s'agit que d'une déclaration d'intention. C'est un bruit qui court depuis plusieurs mois. Si un transfert de l'Assurance maladie aux mutuelles est la solution, pourquoi pas. Mais le problème est qu'aucun professionnel de la vue n'a été consulté sur ce point. Mme Bachelot a présenté cette mesure comme si cela n'était pas très important, mais nous demandons à nous réunir autour d'une table pour en parler.
R.: Cette mesure comporte-t-elle un risque sanitaire pour les patients ?
C.R. : La santé visuelle n'est pas qu'un problème économique, comme on essaie de nous le faire croire. Derrière cette mesure, il y a un gros problème de santé publique. Nous ne souhaitons pas qu'un jour, les Français soient obligés de se débrouiller seuls pour trouver des lunettes à leur vue. Les professions de la santé visuelle doivent rester très règlementées, et le passage par un ophtalmologiste doit rester obligatoire. Globalement, nous avons un bon système en France. Je vois un autre très gros problème à cette mesure. Que vont faire les Français qui n'ont pas de complémentaire santé ? Ils ne pourront pas porter de lunettes ?
R. : Quelles pourraient être les conséquences d'une mauvaise ou d'une non prise en charge de certaines personnes ?
C.R. : Pour économiser 130 millions d'euros immédiatement, on risque d'entraîner de très grandes dépenses à moyen et à long terme. Il est reconnu qu'une mauvaise vue mal prise en charge peut favoriser un échec scolaire chez un enfant, augmente le risque d'accident de voiture d'un conducteur, et peut mener à une situation de chômage. On est capable de financer de grandes campagnes de prévention contre les cancers, ce qui est très important. Pour la santé visuelle, il devrait en être de même. On ne parle pas d'un problème esthétique, mais de santé.
R. : Comment peuvent agir les Français ?
C.R. : J'invite tout le monde à se rendre sur le site
Valeur-de-civilisation.com, pour signer notre manifeste sur la santé visuelle. Nous voulons une concertation au sujet de la santé visuelle, nous en avons déjà fait la demande auprès du ministère, mais nous n'avons jamais été reçus.