
(Paris - Relax news/Santé-Médecine.net) - Vendredi 4 avril, dans un communiqué, l'Ordre national des pharmaciens ont tenu à dire "Non, merci" à "la Santé publique fourvoyée au supermarché". Les pharmaciens réagissent en ces termes à la campagne menée par Michel-Edouard Leclerc pour la vente de médicaments en grande surface. Jean Parrot, président du Conseil national de l'ordre des pharmaciens, appelle à "ne pas confondre médicament et marchandise, pharmacien et chef de rayon, pharmacie et magasin".
Le patron des supermarchés Leclerc lance ce vendredi une campagne publicitaire contre le monopole des pharmaciens, qui doit notamment être diffusée sur TF1 et M6, malgré un avis négatif du Bureau de Vérification de la Publicité (BVP).
Michel Edouard Leclerc a également déclaré, lors d'une conférence de presse tenue jeudi 3 avril, qu'il proposerait une baisse de 25% du prix des médicaments si ceux si étaient distribués dans ses magasins. Une telle mesure n'est pas à l'ordre du jour en France.
Dans son communiqué, l'Ordre des Pharmaciens rappelle que "la pharmacie présente des garanties uniques pour la Santé publique". Il indique que "les pharmacies sont contrôlées par le Ministère de la Santé", qu'elles ont "l'obligation de se fournir uniquement auprès des établissements pharmaceutiques dûment contrôlés", et que le réseau pharmaceutique "assure un service de garde 24h/24 et 7 jours/7".
Souhaitant conserver ce "service public irremplaçable", l'ordre fait référence au Baromètre Ipsos santé "les Français et leur pharmacien" de janvier 2008, qui révélait que 76% des Français pensent qu'acheter des médicaments en dehors d'une pharmacie est dangereux pour la santé.
A partir du mois de mai prochain en France, 226 spécialités médicamenteuses délivrées sans ordonnance devraient être vendues en libre-service devant le comptoir des officines. Ces médicaments, d'usage courant, seront de l'aspirine, du paracétamol, du bicarbonate de sodium, mais aussi des substituts nicotiniques. L'objectif affiché du gouvernement est de faire baisser les prix des médicaments.
Les officines en chiffres (Ordre des pharmaciens) : 5 minutes : le temps moyen que prend un Français pour se rendre dans la pharmacie la plus proche de son domicile
23.000 : le nombre de pharmacies en France, soit 1 pour 2.700 habitants
4 millions : le nombre de Français qui entrent dans une pharmacie chaque jour
3 milliards : le nombre de boîtes de médicaments vendues en pharmacie chaque année en France