(Paris - Relax news/Santé-Médecine.net) - Mardi 19 février, les représentants de 95% des professionnels des cafés-restaurants, en conférence de presse, ont annoncé qu'ils ne demanderaient pas d'aménagement au décret interdisant de fumer dans les lieux publics, dont ils reconnaissent l'efficacité. Or, selon des chiffres provenant d'une étude menée par le Pr Serge Vendemini, réalisée pour l'IDCCB, une baisse de 6% de la fréquentation des cafés a été observée en France depuis l'entrée en vigueur du décret, le 2 janvier.
L'étude de l'Institut de développement des cafés et cafés-brasseries montre également une baisse de 5% du chiffre d'affaires des bars, restaurants, cafés et brasseries. Une hausse de 1% du ticket moyen a toutefois été observée au mois de janvier 2008, par rapport à 2007, "dont la moitié serait attribuable à la mesure".
Le "contexte économique morose marqué par une perte de pouvoir d'achat des Français et par une tendance ancienne à la baisse du chiffre d'affaires dans ce secteur d'activité", serait, en plus de l'interdiction du tabac, à tenir en compte dans cette baisse de fréquentation et de chiffre d'affaires. Le tabac ne serait donc pas seul responsable, en particulier dans les zones rurales, a précisé Bernard Quartier, représentant l'UMIH, où "12% des cafés ont fermé ces trois dernières années".
En plus de cette baisse, les professionnels, représentés par le groupe de travail missionné par le Ministère de la Santé pour l'évaluation économique de la mesure, ont indiqué s'attendre à "un trou d'air" en février et mars 2008, comme cela a déjà été observé dans les autres pays ayant interdit de fumer dans les lieux publics.
Les différentes évaluations économiques menées en Irlande, en Italie et en Ecosse ont montré un fléchissement du chiffre d'affaires durant quelques mois après la mise en place de la législation, suivie d'une incidence économique positive à long terme. L'étude du Pr Vendemini précise d'ailleurs que "la baisse de fréquentation n'est pas observée dans les établissements qui avaient anticipé la mesure d'interdiction de fumer".
Dans le but de "se mettre dans les conditions de respecter le décret", la profession demande aux pouvoirs publics des accompagnements, "notamment pour inciter la venue de nouvelles clientèles dans ses établissements". L'objectif est d'étendre l'accompagnement dont bénéficient les seuls bars tabac à toute la profession.
Lors de la conférence, les professionnels ont noté une application réelle du décret, et indiqué que toute remise en cause du dispositif induirait une insécurité sanitaire pour les employés et clients des établissements, ainsi qu'une insécurité juridique pour les employeurs, exposés à des poursuites en raison du risque de tabagisme passif.
D'après Didier Chenet, du Synhorcat, présent à la conférence et représentant les hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, "il n'est pas question de demander une dérogation, mais d'être accompagnés". Les responsables d'établissements demandent notamment à ce que soient prises en compte les nuisances liées au décret, comme le bruit occasionné par les fumeurs à l'extérieur.
Des précisions sont également demandées à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, sur les aménagements envisageables. Le cas de la terrasse constitue notamment un point à éclaircir, a indiqué Didier Chénet, qui doit rencontrer la ministre ce vendredi à ce sujet.