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Ostéoporose - Nutriments à privilégier

Mars 2015

La fragilité des os chez les personnes âgées et les fractures qui peuvent en résulter ne sont pas une fatalité absolue. Il convient d'insister sur l'importance de la construction du capital osseux dès le plus jeune âge. Et cette attitude préventive doit ensuite trouver son prolongement dans l'alimentation et l'hygiène de vie. L'ostéoporose est un véritable problème de santé publique, estimé à 1 milliard d'euros pour notre pays, sans compter le coût humain, les séquelles associées à la maladie et la morbidité qui peuvent en résulter.

Le PNNS, Programme national nutrition et santé, parmi ses objectifs, a prévu d'augmenter les rations calciques et la vitamine D en conseillant trois à quatre laitages par jour. 80 % des femmes ne bénéficieraient pas d'apports satisfaisants et n'en auraient pas conscience...

Un processus Insidieux


Le processus de l'ostéoporose est connu : la dégradation de la masse et de la densité osseuse, au fil des ans, conduit à des risques accrus de fractures. Ce processus est lié à l'âge mais aussi à des facteurs génétiques. La construction des os résulte du différentiel entre ostéoblastes (cellules en charge de la synthèse du tissu osseux) et ostéoclastes (cellules en charges de sa résorption). On considère ainsi que durant une vie, un squelette est renouvelé quatre à cinq fois...

L'augmentation de la masse osseuse a lieu jusqu'à 20-25 ans. Elle se stabilise jusqu'à 30 ans, avant une perte graduelle. Un homme de 40 ans perd ainsi 0,5% de masse corporelle par an. Une femme ménopausée, en situation de carence hormonale, peut en perdre plus de 3%. Ce processus est silencieux, et ne peut être mesuré que par ostéodensitométrie.

La perte de taille, souvent évoquée par les personnes âgées, est un signe évident de tassement vertébral et doit alerter sur la perte de masse osseuse avant que l'accident n'arrive :

Fractures


Outre les poignets ou les os longs, on compte environ 50 000 fractures du col du fémur par an, entraînant une morbidité de 20 % la première année.

Préservation du capital osseux


La masse osseuse obtenue à 25 ans est le capital sur lequel va s'appuyer le corps durant toute la durée de la vie. La formation de la masse osseuse dépend de facteurs endogènes tels que le sexe, la race, l'âge, la corpulence, le statut hormonal, l'âge de la puberté...

Interviennent également des facteurs exogènes, sur lesquels il est possible d'agir, et notamment le tabagisme, la consommation de café, l'alcool, la corticothérapie au long cours... autant de facteurs de fragilisation.

L'alimentation, qui, associée à une vie saine passant par une activité physique suffisante au grand air, peut permettre d'assurer une prévention primaire de la maladie.

Calcium, vitamine D et protéines


Calcium, vitamine D et protéines constituent le trépied sur lequel s'appuient les nutritionnistes dans leurs recommandations de prévention de la maladie :

Calcium


Il existe une corrélation directe entre les apports en calcium et la densité osseuse. Aussi, la plupart des études préconisent des apports en produits laitiers, sachant qu'un quart de litre de lait par jour assure un apport de 300 mg de calcium.

Vitamine D


Elle facilite l'absorption intestinale du calcium, et est obtenue tant par l'alimentation que par l'exposition au soleil.

Apport protéique


Il ne doit pas être négligé, de par son lien avec la sécrétion des IGF (insulin-light, facteur de croissance analogue à l'insuline). Les carences en protéines sont particulièrement dommageables chez des jeunes suivant un régime, par exemple, ou chez des personnes âgées qui se contentent d'une soupe le soir... Un senior devrait manger comme un adolescent !

Un déficit, des solutions médicamenteuses ?


Ainsi que le rappelle le Professeur Jean-Philippe Bonjour, de l'Hôpital Universitaire de Genève, les moyens thérapeutiques les plus efficaces ne réduiraient les risques de fractures ostéoporotiques que de 50 %, et ne permettraient pas de restaurer la structure osseuse.

Les oestrogènes, largement utilisés comme traitement de première intention dans la prévention de la perte osseuse post-ménopausique, ont vu leur prescription laminée à la suite d'une grande étude publiée en 2002 dans la revue JAMA [ 1].
  • Celle-ci indiquait à la fois que leur effet était bénéfique dans la prévention des fractures ostéoporotiques, mais aussi qu'ils augmentaient le risque d'accidents vasculaires et de cancer du sein.
  • La conclusion de l'étude fut donc que les risques encourus par leur ingestion dépassaient les bénéfices attendus. Même si les résultats de cette étude sont en partie contestables, il n'en demeure pas moins qu'elle a largement diminué les prescriptions d'oestrogènes.

"Pour ces différentes raisons, souligne le Professeur Bonjour, on voit bien que la prévention par des moyens non-pharmacologiques demeure une stratégie primordiale dans la lutte contre l'ostéoporose.

Les moyens non pharmacologiques


La stratégie consiste à optimiser l'acquisition de la masse minérale et la résistance des os pendant la croissance et à venir leur déperdition au cours de la vie adulte, particulièrement après la ménopause, et à l'âge avancé dans les deux sexes. Une activité physique modérée et des apports nutritionnels adéquats constituent les deux piliers de cette prévention."

Des études en faveur des apports calciques et protéiniques


Une étude multicentrique sur 280 000 patients/an a pu mettre en évidence une corrélation entre masse osseuse et facteur de risque de fracture : un IMC "normal" de 20, par rapport à un IMC de 25 multiplie les risques de fracture par deux.

Pour mesurer les effets directs de l'alimentation sur la fragilité des os, les études en la matière demeurent lourdes et délicates, car il est difficile de réaliser des essais cliniques de type «doses de calcium-réponse osseuse» au sein des différentes catégories d'une population générale.

Une méta-analyse récente des essais cliniques randomisés à double insu évaluant l'efficacité de suppléments calciques a révélé un effet bénéfique sur l'incidence des fractures ostéoporotiques, dans la mesure où l'apport en vitamine D était adéquat [ 2].

Le rôle essentiel des protéines, végétales ou animales, et du calcium dans la constitution du capital osseux et dans son maintien est généralement admis comme une évidence par la communauté scientifique [ 3].

Il faut pourtant savoir que les résultats de certaines études ont pu remettre en question ces préalables du fait de l'acidification que peut entraîner une alimentation riche en protéines et pauvre en fruits et légumes

Dans une perspective à plus long terme, rappelle le Pr Bonjour, la réflexion actuelle s'oriente beaucoup plus vers l'exploration des interactions possibles entre les apports calciques et d'autres facteurs agissant sur le métabolisme osseux, de nature nutritionnelle (protéines, phosphates), mécanique (poids corporel, activité physique),endocrine (hormones sexuelles, IGF-1) ou génétique (nutrigénomique, nutrigénétique)."

Source: Revue Nutrition infos

Bibliographie

1


[1] Rossouw JE, Anderson GL, Prentice RL, LaCroix AZ, Kooperberg C, Stefanick ML, Jackson RD, Beresford SA, Howard BV, Johnson KC, Kotchen JM, Ockene J; Writing Group for the Women's Health Initiative Investigators. Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women: principal results From the Women's Health Initiative randomized controlled trial. JAMA. 2002 Jul 17;288(3):321-33.

2


[2] Boonen S, Bischoff-Ferrari HA, Cooper C, Lips P, Ljunggren O, Meunier PJ, Reginster JY. Addressing the evidence. Calcif Tissue Int. 2006 May;78(5):257-70. Epub 2006 pr 21.

3


[3] Bonjour JP. Dietary protein: an essential nutrient for bone health. J Am Coll Nutr. 2005 Dec;24(6 Suppl):526S-36S.

Calcium et vitamine D : effet d'un apport alimentaire sur des femmes âgées vivant en institution


Une étude pilote commanditée par la société Yoplait a été menée entre décembre 2006 et avril 2007, chez 36 femmes ménopausées (moyenne d'âge 84,8 ans), sans pathologie patente, jouissant d'une bonne santé mentale, ayant une alimentation pauvre en calcium, peu exposées au soleil et présentant une déficience en vitamine D.

Les sujets ne présentaient aucun antécédent de fracture récente ni d'insuffisance rénale. Durant quatre semaines, les participantes à l'étude on consommé deux pots de 100 g de fromage blanc par jour soit 302 mg de calcium, 2,5 μg de vitamine D et 14,2 g de protéines (25 % des ANC chez la femme de plus de 55 ans).

Les résultats


Les dosages des marqueurs biologiques ont conduit à constater, après un mois, une diminution du CTX sérique (marqueur de la résorption osseuse) et une augmentation du propeptide N-terminal du collagène de type 1 (marqueur de la formation osseuse).

D'autre part, l'augmentation des taux sériques d'IGF-1 et d'albumine révèle une augmentation du statut nutritionnel des sujets.

Ostéoporose : Identifier les facteurs de risque des patients


La connaissance précoce des facteurs de risque individuels pouvant mener à l'ostéoporose peut permettre de mettre en place une stratégie de prévention, d'organiser une surveillance adaptée ou de démarrer un traitement lorsque le risque est particulièrement élevé.
  • C'est pourquoi la Fondation internationale contre l'ostéoporose (IOF) a développé un test rapide réalisable en ligne sur son site.
  • Ce test s'appuie sur les conclusions du nouveau rapport de la fondation, «Combattre la cassure : apprenez et réduisez vos facteurs de risque d'ostéoporose», lancé à l'occasion de la journée mondiale de l'ostéoporose célébrée le 20 octobre 2007 dans plus de 80 pays.

L'IOF souhaite inciter les personnes à risque à identifier leurs facteurs de risque via leur test et à adopter un mode de vie bénéfique pour les os : un régime alimentaire suffisamment riche en calcium et vitamine D et permettant le maintient d'un IMC normal, sans consommation d'alcool, ni de tabac, et avec une activité physique régulière.

Source: Revue Nutrition infos

Des polyphénols anti-ostéoporose


Par ses propriétés anti-inflammatoires et ostéoprotectrices, l'oleuropéine, principal polyphénol présent dans les produits issus de l'olivier, participerait aux bienfaits de l'alimentation de type méditerranéenne. L'équipe de Véronique Coxam de l'Inra de Clermont-Ferrand-Theix a mis en évidence chez l'animal l'efficacité de deux composés phénoliques, l'hespéridine des agrumes et l'oleuropéine de l'olivier, sur la prévention de l'ostéoporose.

Ces travaux ont montré chez des rates ovariectomisées que ces phyto-nutriments avaient un effet bénéfique à la fois sur la masse osseuse et sur la résistance aux fractures en fin de vie. L'hespéridine, à 0,5 % pendant trois mois dans le régime alimentaire, s'est avéré efficace dans la protection du capital osseux et dans l'acquisition du pic de masse osseuse.

Quant à la consommation d'oleuropéine, à 0,015 % dans le régime, elle permettrait de protéger le squelette du processus de vieillissement via ses propriétés anti-inflammatoires. Même si les études cliniques chez l'homme sont encore en cours, ces deux composés phénoliques aux bénéfices complémentaires ouvrent donc des perspectives intéressantes dans la prévention de l'ostéoporose, tant post-ménopausique que sénile. Ces recherches ont d'ailleurs déjà fait l'objet de deux dépôts de brevet au nom de l'Inra.
Source: Revue Nutrition infos
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