Mai 2013
- La dysmorphophobie est un trouble de l'image de soi, de relation à son propre corps. En cela, cette maladie présente une parenté avec l'anorexie.
- Il s'agit fondamentalement d'une pathologie mentale caractérisée par une angoisse - pouvant aller jusqu'à la phobie - associée à une déformation corporelle réelle ou supposée (on parle de dysmorphie).
- Du complexe banal, mais psychologiquement envahissant, à la névrose obsessionnelle, cette maladie peut entraîner des phénomènes de désocialisation.
- Dans quelques cas rares, la dysmorphophobie peut présenter une symptomatologie délirante, marquée par des délires paranoïaques apparaissant sur des terrains psychotiques et névrotiques sévères.
Les victimes de dysmorphophobie
- Les premiers symptômes de dysmorphophobie apparaissent dès l'adolescence et concernent essentiellement les filles.
- Fort heureusement, il ne s'agit, dans la très grande majorité des cas, que de simples complexes qui disparaissent avec la découverte de la sexualité.
- La métamorphose du corps des adolescents entraîne en effet souvent des troubles relationnels avec un corps qui n'a plus grand-chose à voir avec ce qu'il était 2 ou 3 ans auparavant.
- Le plus souvent, ces difficultés à se construire et accepter l'image de son corps sont légères, passagères et s'effacent avec la maturité grandissante de l'individu.
- Mais parfois, les difficultés de représentation et d'acceptation de son propre corps vont en s'accentuant. Il faut alors suspecter une dysmorphophobie.
Quels symptômes ?
- Chez la femme, toutes les régions du corps peuvent être la cible de ce syndrome obsessionnel : les jambes, les yeux, le visage, les seins, la peau...
- Chez l'homme, les zones corporelles faisant l'objet de dysmorphophobie sont en revanche bien plus restreintes : le sexe (trop petit...) et la musculature (trop frêle...).
- Les symptômes de cette maladie mentale vont de la volonté de cacher par tous les moyens les zones de son corps, objets de toutes les angoisses, à la peur panique de voir son image (miroirs, photographies, vidéos privées...), en passant par l'obsession de l'évaluation et de la comparaison de son corps avec ceux des autres.
- Dans ce cas, le dysmorphophobe ne pense, ne parle et ne vit que pour et à travers cette zone de son corps sujette de toutes ses attentions.
- Dans ses variantes sévères, la dysmorphophobie peut entraîner des phobies sociales qui marginalisent la vie affective, sexuelle et même professionnelle du patient.
- Ces cas limites donnent lieu à des hospitalisations prolongées en milieu psychiatrique.
Peut-on guérir de dysmorphophobie ?
- La bonne stratégie thérapeutique consiste à associer une démarche psychothérapeutique, avec la prise d'antidépresseurs.
- Le recours à la sophrologie peut également donner de bons résultats.
- Les approches par thérapie cognitive et comportementale (TCC) semblent, pour cette pathologie, particulièrement bien adaptées, et offrent de bons résultats.
- Cette méthode reste néanmoins réservée aux cas de dysmorphophobie « courants » et légers. Elle est inopérante sur des cas caractérisés par des troubles psychotiques sévères.
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