L'épisiotomie, véritable acte médical, consiste à effectuer une petite incision de quelques centimètres afin d'ouvrir le périnée au moment de l'expulsion du bébé.
Cette incision est pratiquée dans le périnée afin d'agrandir la taille de l'orifice vulvaire et permettre au bébé d'être expulsé plus facilement au moment de l'accouchement.
L'épisiotomie est pratiquée au moment de l'expulsion lors d'une contraction, pendant la poussée.
L'épisiotomie n'est en général pas trop douloureuse.
L'épisiotomie est notamment indiquée ou plus fréquemment pratiquée:
- Lorsque le bébé est gros
- Lorsqu'il se présente par le siège
- Si le bassin de la maman est étroit et s'il est nécessaire d'utiliser les forceps.
- Lors de l'arrivée de jumeaux
- Lors de l'utilisation de forceps
Des règles d'hygiène qu'il faut respecter
- Faire une toilette intime systématiquement après avoir été aux WC
- Utiliser de la gaze stérile
- Changer de garniture après chaque miction
- Ne pas utiliser de serviette
- Sécher la cicatrice avec une lampe de 40 watts qu'il faut placer près du périnée pendant 15 minutes environ
Diminuer les douleurs et permettre une meilleure cicatrisation de la cicatrice
Des exercices stimulant la circulation sanguine et l'utilisation d'une bouée peuvent aider les mamans veant de subir une épisiotomie.
Pour en savoir plus
Trop d'épisiotomie en France ? La controverse
La pratique trop fréquente d'une l'épisiotomie est remise en cause depuis quelques années par de nombreux experts.
- Des études n'ont pas permis d'affirmer le rôle positif d'une épisiotomie systématique lors d'un accouchement .
- D'autre part, l'épisiotomie systématique ne protège pas de l'incontinence urinaire d'effort.
Pour de nombreux experts, l'épisiotomie ne doit plus être un geste systématique.
Les chiffres inquiétants
- 50% des femmes enceintes ont accouché au cours de ces dernières années à l'aide d'une épisiotomie.
- Parmi elles, 70 % accouchaient pour la première fois et 30 % environ avaient déjà eut un ou plusieurs enfants.
L'OMS préconise d'abaisser ce taux à 20 %.
- Les campagnes menées par des associations au Royaume Uni ont permit de diminuer le taux d'épisiotomie de 52 % à 13 %.
- En suède, le taux d'épisiotomie est de 6 %.
Le collège national des gynécologues obstétriciens, CNGO, a effectué en 2005, des recommandations concernat l'épisiotomie :
celles-ci précisent que:
- L'épisiotomie ne prévient pas les déchirures graves
- L'épisiotomie ne prévient pas les incontinences urinaires ou anales
- Une présentation par le siège ou un accouchement de jumeaux ne justifient pas la pratique systématique d'une épisiotomie.
L'objectif des experts est de faire baisser progressivement le taux global moyen d'épisiotomies pour qu'il devienne inférieur à 30 %.
Les effets négatifs d'une épisiotomie
Rappelons qu'une épisiotomie est une véritable intervention chirurgicale et pas une simple incision.
Ce geste non anodin, faisant souvent l'objet d'une facturation supplémentaire dans les établissements privés, entraine de nombreux désagréments :
- Une déchirure du périnée
- Une atteinte des muscles des sphincters anaux et urinaires pouvant provoquer une incontinence anale ou urinaire.
- La cicatrice reste douloureuse pendant 8 à 10 jours tant que les fils ne sont pas résorbés
- Des douleurs peuvent persister près d'un mois, voire beaucoup plus lors de la marche ou de la position assise. Les témoignages de femmes souffrant encore de douleurs des années après l'épisiotomie sont nombreux ….
- Des hémorragies peuvent apparaître plusieurs semaines après l'accouchement
- Des douleurs pendant les rapports sexuels peuvent survenir.
Des associations de patientes dont l'Afar (alliance francophone pour l'accouchement respecté) refusent que la pratique d'une épisiotomie soit systématique.
Une femme enceinte doit recevoir suffisamment d'informations sur les indications, le déroulement et les effets secondaires d'une épisiotomie. Sa décision, en dehors d'une situation d'urgence, doit être réfléchie et prise en compte par les membres de l'équipe médicale.
La future maman peut s'informer sur le taux d'épisiotomies de l'établissement où elle va accoucher. Elle peut également demander à ce que ce geste ne soit pas systématiquement effectué.
Dossier réalisé avec la collaboration de Claire Gabillat
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE