Les troubles du comportement alimentaire sont de plus en plus fréquents dans notre société. Difficultés psychologiques, volonté d’être toujours plus mince, les causes sont multiples. Leurs effets sur la santé sont incontestables et montrent la nécessité de les détecter et de prendre en charge les patients atteints par ces troubles.
La
Société de Nutrition et de Diététique de Langue Française a publié dans ses « Cahiers de nutrition et de diététique » (volume 36) une sémiologie des troubles du comportement alimentaire de l’adulte.
Ici le point sur ces pathologies.
Des symptômes
Il est important de différencier les symptômes : « caractéristique particulière des conduites alimentaires », des syndromes : « regroupement symptomatique d’une entité nosologique répertoriée ».
Prenons l’exemple de l’anorexie, ce trouble est un symptôme que l’on peut retrouver dans différentes pathologies alors que l’anorexie mentale, elle, est un syndrome.
Les principaux symptômes mis en jeu dans les troubles du comportement alimentaire sont les suivants :
- Hyperphagies
- Hyperphagie prandiale : il s’agit d’une augmentation des apports caloriques pendant les repas.
- Hyperphagies extra-prandiales
- Grignotage,
- Compulsions alimentaires,
- Accès boulimique.
- Hypophagie
- Anorexie : « l’anorexie se définit par l’absence de faim ou de satiété à l’heure habituelle des repas. » Il faut bien faire la distinction entre l’anorexie et le refus de manger. Dans le premier cas la personne ne ressent pas de sensation de faim alors que dans le deuxième si.
- Comportements restrictifs : la restriction dite “cognitive” se définit comme “la tendance à limiter volontairement son alimentation dans le but de perdre du poids ou de ne pas en prendre”.
Les syndromes
L’anorexie mentale
D’après la SNDLF, voici les critères diagnostiques :
- Refus de maintenir le poids corporel au niveau ou au-dessus d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille.
- Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, alors que le poids est inférieur à la normale.
- Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle.
- Chez les femmes post-pubères, aménorrhée (absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs ou règles ne survenant qu’après traitement hormonal).
La boulimie nerveuse
D’après la SNDLF, voici les critères diagnostiques :
- Survenue récurrente de crises de boulimie (absorption, en une période de temps limitée, d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période de temps similaire et dans les mêmes circonstances et sentiment d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise),
- Comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids (vomissements provoqués, emplois abusifs de laxatifs, diurétiques, exercice physique excessif, etc.),
- Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent tous deux, en moyenne, au moins deux fois par semaine pendant 3 mois,
- L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle,
- Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d’anorexie mentale.
Le binge eating disorder
D’après la SNDLF, voici les critères diagnostiques :
- Survenue récurrente de crises de boulimie,
- Les crises de boulimie sont associées à trois des caractéristiques suivantes (ou plus) :
- manger beaucoup plus rapidement que la normale ;
- manger jusqu’à éprouver une sensation pénible de distension abdominale ;
- manger de grandes quantités de nourriture en l’absence d’une sensation physique de faim ;
- manger seul parce que l’on est gêné de la quantité de nourriture que l’on absorbe ;
- se sentir dégoûté de soi-même, déprimé ou très coupable après avoir trop mangé.
- Le comportement boulimique est source d’une souffrance marquée.
- Il survient, en moyenne, au moins deux jours par semaine pendant 6 mois.
- Il n’est pas associé au recours régulier à des comportements compensatoires inappropriés et ne survient pas exclusivement au cours d’une anorexie mentale ou d’une boulimie.
Source
Cahiers de nutrition et de diététique Sémiologie des troubles du comportement alimentaire de l’adulte, volume 36, 2001.
Dernière modification le mercredi 8 juillet 2009 à 12:30:11.
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE