En 2007, la
Haute Autorité de Santé a organisé une commission d’audition publique « Abus, dépendances et polyconsommations : stratégies de soins ». Cette commission a rendu plusieurs recommandations publiées en mai de la même année.
Il est notamment expliqué pourquoi il est important de détecter les polyconsommations dans leurs multiples configurations.
Polyconsommation de substances psycho-actives
D’après la commission d’audition, la polyconsommation de substances psycho-actives (SPA) concerne les « personnes consommant au moins deux SPA, de façon simultanée ou séquentielle rapprochée, avec pour au moins une de ces conduites la notion d’un usage nocif ou d’une dépendance. »
Repérage
Les intervenants
Plusieurs intervenants du système de soin sont concernés par le repérage des polyconsommations problématiques (médecin traitant, médecin scolaire, médecin du travail, pharmacien, etc.).
La commission d’audition insiste sur la nécessité d’une recherche systématique des polyconsommations par les professionnels de santé.
Elle recommande, entre autres, de sensibiliser le grand public sur les dangers des conduites de polyconsommation (campagnes d’information, élaboration d’outils d’auto-évaluation, etc.), ou le développement du dossier pharmaceutique informatisé (le pharmacien pouvant ainsi les repérer plus facilement).
Rappels
Afin de mieux repérer les polyconsommations problématiques, la commission d’audition fait quelques rappels :
- Une consommation peut en cacher d’autres (après l’identification d’une consommation, ne pas oublier d’en rechercher systématiquement d’éventuelles autres),
- L’association à d’éventuelles addictions purement comportementales est possible,
- L’attente d’une demande de soin ne suffit pas : les professionnels de santé, en contact avec les publics, sont incités à repérer les polyconsommations quels que soit l’âge ou le profil socioprofessionnel des sujets,
- Le repérage et l’évaluation des consommations problématiques doivent pouvoir s’appuyer sur des outils fiables, simples et validés (l’élaboration et la validation de ces outils sont une priorité).
Evaluation des facteurs de gravité
L’évaluation des facteurs de gravité, des dommages et de la motivation du patient au changement se fait au cours d’un ou plusieurs entretiens cliniques.
Un outil permet de « systématiser » le recueil des informations dans ces entretiens, il s’agit de l’
Addiction Severity Index (ASI).
Ce questionnaire, très détaillé, permet de recueillir des informations aussi bien sur l’état médical du patient que sur ses ressources, sa situation légale ou encore ses relations familiales et sociales.
Téléchargez ici l’échelle ASI en version française.
Source
Retrouvez l’intégralité des recommandations
Abus, dépendances et polyconsommations : stratégies de soins sur le site de la HAS.
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE