
La
Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en septembre 2008 un guide afin d’expliciter aux professionnels de santé la prise en charge optimale et le parcours de soins d’un patient admis pour un cancer de la prostate.
Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme de plus de 50 ans et cause plus de 9 200 décès par an.
Diagnostic et bilan initial
Afin d’établir un diagnostic du cancer de la prostate, de déterminer le stade de la maladie et les contre-indications, la HAS recommande dans un premier temps d’effectuer les examens qui suivent étape par étape :
- interrogatoire, pour évaluer l’état de santé global, et examen clinique, dont un toucher rectal (TR).
- bilan biologique : hémogramme, créatininémie.
- marqueurs tumoraux : la HAS précise que le dosage du PSA total sérique est le seul marqueur inclus dans le bilan initial et que le dosage du PSA libre n’est pas recommandé en première intention pour le dépistage et n’a aucune utilité dans le suivi.
- examen anatomopathologique : si une anomalie au toucher rectal et/ou une élévation du PSA sérique total sont constatées, la HAS recommande alors une biopsie par voie transrectale. L’évaluation anatomopathologique de cette biopsie repose principalement sur le score de Gleason (pour connaître les autres évaluations, reportez vous au document de la HAS, page 7-8.
- si nécessaire, examen d’imagerie et bilan d’extension :
- une TDM ou IRM abdominopelvienne avec injection et une scintigraphie du corps entier si ces examens ont une incidence sur la prise en charge ;
- une échographie rénale est recommandée pour les tumeurs et peut être demandée en cas de tumeurs avec rupture capsulaire (T3/T4) et/ou symptomatique.
Prise en charge thérapeutique
La HAS propose plusieurs attitudes thérapeutiques, selon le degré d’avancement du cancer :
- la chirurgie : prostatectomie.
- la radiothérapie : externe ou curiethérapie (par implants permanents de grains d’iode 125).
- la « surveillance active » : pour les cancers localisés à faible risque. Elle consiste à évaluer régulièrement l’évolution de la maladie (TR, dosage du PSA, biopsies) pour retarder l’initiation du traitement curatif jusqu’à l’apparition de tout événement indicatif d’une progression tumorale.
- l’« abstention surveillance » : pour les patients asymptomiques et non éligibles au traitement curatif. Son principe : différer l’initiation du traitement hormonal ou hormonoradiothérapeutique jusqu’à l’apparition de symptômes ou d’une élévation rapide des PSA.
- l’hormonothérapie par analogue de la LHRH (+/- antiandrogènes) de durée variable. Peut être prescrite en association à un traitement curatif ou en monothérapie selon le stade de la tumeur.
- la chimiothérapie : indiquée pour les cancers métastatiques hormonorésistants.
Suivi
Après le traitement, la HAS recommande une consultation entre 6 semaines et 3 mois, reconduite annuellement. Cette surveillance paraclinique comprend :
- une cinétique du PSA total ;
- biopsie, en cas d’élévation anormale après traitement conservateur ;
- pas d’imagerie systématique pour les patients asymptomatiques ;
- suivi clinique et du PSA semestriel après une hormonothérapie.
La HAS précise que les traitements peuvent avoir des effets indésirables : troubles urinaires et sexuels, en cas de chirurgie et radiothérapie, troubles digestifs en cas de radiothérapie.
Sources
Consulter le guide ADL – Cancer de la prostate publié par la HAS.
Crédit photo : hakan çorbacı - Fotolia.com
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE