Une étude menée par Joëlle Adrien (INSERM), publiée en avril 2008 dans la revue Journal of Neuroscience>, nous informe du rôle crucial des premières années de la vie sur l’équilibre du sommeil pour toute une vie.
Elle montre aussi qu'il est possible d’interagir sur le sommeil par un traitement qui modifie la neurotransmission sérotoninergique, administré dès les premiers jours de vie.
Tout se joue très vite
Chez la souris, les premières semaines sont essentielles dans la régulation du sommeil. C’est pendant cette période, que s’installe et se consolide l'impact de la sérotonine sur l'équilibre du sommeil et des comportements émotionnels. Et une fois que ce système est mis en place, il est difficile d’agir sur cet équilibre de façon persistante.
On sait donc qu’un déséquilibre de ce système entraîne des troubles du sommeil.
Des souris sous anti-dépresseurs
Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont décidé d’altérer le système sérotoninergique en administrant des anti-dépresseurs à des souriceaux et de constater les résultats.
Pour cela, ils ont utilisé des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS), un neurotransmetteur présent dans le cerveau.
Chez les personnes dépressives, l'efficacité de ce traitement protège le cerveau du manque de sérotonine en augmentant artificiellement son taux dans la synapse.
Les antidépresseurs pris jeunes perturbent le sommeil de toute une vie
Chez la souris, le traitement du souriceau avec un antidépresseur pendant quinze jours, peu après sa naissance, entraîne plus tard des troubles du sommeil qui persistent pendant toute la vie : un sommeil fragmenté, instable, peu récupérateur qui ressemble aux troubles observés dans certaines dépressions.
A noter : ces effets néfastes ne sont plus observés lorsque ces expériences sont menées après la puberté.
De nouvelles voies de traitement ?
Ces actions possibles ouvrent peut-être la voie au traitement préventif de troubles du sommeil en cas d'atteinte génétique du système sérotoninergique.
Quid des effets à long terme du traitement antidépresseur chez l'enfant et pendant la grossesse ?
Les recherches à venir de cette équipe vont effectivement dans ce sens. Une étude, visant à évaluer à posteriori les conséquences chez l'enfant d'une prise d'antidépresseurs de leur mère pendant sa grossesse, devrait démarrer en 2009.
Source
Ces travaux sont publiés dans l'édition d'avril de la revue Journal of Neuroscience.
Crédit photo : © Vivid Pixels - Fotolia.com
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE