Arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés chez le pati

Les benzodiazépines (BZD) et autres médicaments apparentés sont des anxiolytiques et des sédatifs puissants. Chez les personnes âgées, la prise de ces traitements les expose à des risques de chutes, des altérations cognitives et des accidents de la voie publique.
D’autre part, l’arrêt brutal du traitement peut entraîner un syndrome de sevrage. Il est donc nécessaire de définir avec le patient une stratégie d’arrêt et ce dès la prescription du traitement.
En octobre 2007, la Haute Autorité de Santé a établi des recommandations professionnelles concernant les modalités d’arrêt des benzodiazépines et des médicaments apparentés chez le patient âgé.
Ici, le point sur ces recommandations.

Traitements par BZD et médicaments apparentés


La HAS recommande de bien expliquer au patient, dès le début du traitement, les modalités d’arrêt progressif, du fait des risques associés à la prise de ces médicaments.
Le médecin doit impérativement s’interroger sur la mise en place d’une stratégie d’arrêt en cas de demande de renouvellement du traitement.
Si le patient âgé (plus de 65 ans) est traité quotidiennement depuis plus de 30 jours et que l’indication du traitement n’est plus valide, il faut alors lui proposer une stratégie d’arrêt de la consommation.
Au moment d’entreprendre un arrêt, la HAS conseille « d’évaluer les attentes du patient, son degré "d’attachement" aux BZD, pour aboutir à une décision partagée et évaluer les facteurs pronostiques. Et, d’autre part, de distinguer les situations nécessitant une stratégie particulière ».

Démarche du médecin traitant en ambulatoire

Lorsqu’il n’y a plus d’indication au traitement du patient par BZD et que la décision d’arrêt a été prise communément par le patient et le médecin, ce dernier devra évaluer la difficulté de cet arrêt pour son patient.
En effet, dans certains cas, des précautions particulières doivent être prises pour la stratégie d’arrêt. Ces cas sont :
  • dépression ;
  • insomnie chronique ;
  • trouble anxieux caractérisé (tr. panique, tr. obsessionnel compulsif) ;
  • troubles cognitifs, démence ;
  • échecs antérieurs d’arrêt ;
  • surconsommation régulière d’alcool.


Les cas suivants nécessitent, quant à eux, une prise en charge spécialisée conjointe :
  • doses très élevées de BZD ;
  • insomnie rebelle ;
  • dépendance à l’alcool ;
  • autre dépendance ;
  • associations à d’autres psychotropes ;
  • troubles psychiatriques sévères.

La HAS insiste sur le fait que l’arrêt doit être progressif et adapté. Le plus souvent il s’étale sur 4 à 10 semaines.
Après l’arrêt du traitement, le patient sera suivi durant 6 mois.

Les outils disponibles

Un certain nombre d’outils existent pour déterminer le degré d’attachement du patient aux BZD, évaluer la qualité de son sommeil ou encore suivre son arrêt.
Retrouvez ici l’agenda sommeil-éveil.
Téléchargez l’échelle cognitive d’attachement aux benzodiazépines (ECAB).
Enfin, téléchargez le calendrier de suivi de l’arrêt.

Source

Retrouvez les recommandations professionnelles de la HAS dans leur intégralité : Modalités d’arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés chez le patient âgé.

Crédit photo © Joruba | Dreamstime.com


Dernière modification le vendredi 27 novembre 2009 à 01:49:45


Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE

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