En juin 2009, la Société Française de Nutrition du Sport (SFNS) a publié un rapport sur l'usage des compléments et suppléments alimentaires chez le sportif. La SFNS précise que « de nombreux compléments et suppléments alimentaires pour sportifs sont proposés sur le marché avec des allégations prometteuses le plus souvent sans preuve scientifique validée de leur efficacité sur les performances, ni de leur innocuité sur des indicateurs pertinents de santé ». Ces recommandations préconisent l'usage de ces compléments tout en préservant la santé du sportif, ses besoins de performance, en respectant la législation en vigueur et l'éthique sportive.
Etat des lieux
Habitudes alimentaires des pratiquants d'APS
De nombreux pratiquants d'APS ont parfois des habitudes alimentaires qui comprennent des « erreurs préjudiciables à leur performance et à leur santé » :
- insuffisance d'apports énergétiques en certains aliments,
- déficience biologique,
- carence clinique,
- mauvaise gestion de la masse grasse.
Le recours à des substances « aux effets imaginaires » n'est pas rare.
Populations concernées
Tous les pratiquants d'APS sont exposés, et plus particulièrement les sportifs :
- à catégorie de poids,
- de haut niveau,
- de loisirs,
- les groupes de sportifs qui nécessitent une attention particulière : enfants et adolescents sportifs, sportifs dans un environnement spécifique (chaleur, froid, altitude, etc).
- les sportifs de pathologies chroniques.
Les catégories de produits
Acides aminés et protéines
- Pour les sportifs d'endurance, la consommation de protéines autres que celles que l'alimentation courante fournit n'est pas nécessaire.
- Pour les sportifs de forte sollicitation musculaire, l'alimentation courante peut sur une période courte et sous contrôle médical être suppléée par des produits spécifiques.
Minéraux
En principe, ils sont apportés en quantité suffisante par l'alimentation, en particulier la consommation de fruits, légumes et eaux.
Cependant, lors des efforts de longue durée avec de fortes sudations, les pertes en minéraux doivent être compensées. Boissons de réhydratation et énergétiques peuvent apporter un supplément de sodium, que le projet de Directive européenne définit.
La consommation de pastilles de minéraux est déconseillée.
Vitamines
Elles sont apportées en quantité suffisante dans le cadre d'une alimentation équilibrée. La consommation de vitamines en compléments alimentaires « ne doit être motivée que par la nécessité de compléter des apports nutritionnels insuffisants que le médecin ou diététicien est en mesure d'évaluer ».
Acides gras polyinsaturés
Pour atteindre les ANC, il est nécessaire en premier lieu de consommer poissons gras et huiles qui contiennent des acides gras, puis aux compléments.
Autres produits
Effet ergogénique (caféine, cola, ginseng, quinine, etc)
Ces produits aux effets excitants n'ont bien souvent qu'un effet placebo. Ces produits consommés en grande quantité peuvent avoir des effets gênants :
- insomnie,
- irritabilité,
- agressivité,
- troubles du rythme cardiaque,
- hypertension.
Effet « brûleur de graisses »
La consommation de ces substances est partiellement justifiée par des études scientifiques contradictoires, mais ne l'est pas au plan de l'éthique sportive.
Effet sur l' « augmentation de la masse et la force musculaire »
Des produits à base de créatine peuvent être consommés, mais ils doivent être étiquetés de façon claire. La consommation journalière ne doit pas dépasser 3g/jour.
Effet anti-inflammatoire et antidouleur
L'effet attendu est de limiter les effets douloureux de certaines pratiques sportives notamment au niveau des articulations : ski alpin, football américain, etc.
Sources
L'usage des compléments et suppléments alimentaires chez le sportif, SFNS, juin 2009.
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE
Dernière modification le jeudi 28 avril 2011 à 16:46:31 par sante-medecine
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