En octobre 2007, la
Haute autorité de santé (HAS) a publié un guide affection longue durée sur la bilharziose compliquée. Ce document vise à optimiser la prise en charge et le traitement de cette maladie de longue durée.
Définition
- Une bilharziose est une affection parasitaire due à des vers plats qui vivent dans le système circulatoire. Cinq espèces de vers sont responsables de cette affection :
- le Schistosoma haematobium) (bilharziose uro-génitale) ;
- le Schistosoma mansoni (bilharziose intestinale parfois hépato-splénique) ;
- le Schistosoma mansoni Schistosoma japonicum et Schistosoma mekongi (bilharziose intestinale avec complication hépatique) ;
- le Schistosoma mansoni Schistosoma intercalatum (bilharziose rectale et génitale).
- Peu de cas sont recensés en France. Ce sont avant tout :
- des expatriés,
- des touristes,
- des migrants.
- La contamination se fait lors de bain en eau douce (présence de mollusques).
Diagnostiquer la bilharziose
Questionnaire
- Afin de diagnostiquer la bilharziose, le médecin doit poser des questions au patient :
- voyages en pays d’endémie,
- origine géographique,
- immersion en eau douce stagnante avec prurit suivant le bain,
- antécédents d’une bilharziose.
Signes cliniques
- Signes généraux :
- fièvre,
- amaigrissement,
- anémie,
- asthénie,
- sueurs,
- maux de tête,
- toux,
- dyspnée (difficulté à respirer) asthmatiforme,
- douleurs articulaires,
- douleurs musculaires.
- Bilharziose uro-génitale :
- signes urinaires
- difficulté à uriner,
- pollakiurie (émission fréquente mais en petite quantité),
- douleurs sus-pubiennes lors de la miction,
- hématuries terminales,
- infections de l’appareil urinaire,
- cystites,
- infections parenchymateuses.
- signes génitaux
- chez l’homme : hémospermie, funiculite, épididymite chronique ;
- chez la femme : dyspareunie, leucorrhées, hémorragies, prurit vulvaire.
- Bilharziose intestinale ou rectale et génitale :
- diarrhée,
- douleurs coliques,
- douleurs anorectales,
- hépatomégalie (foie anormalement gros),
- hypertension portale (hémorragies digestives, splénomégalie, ascite),
- jaunisse.
Examens
- Entre autres et en fonction de la zone touchée par la bilharziose :
- bilan parasitologique,
- urines, selles, prélèvements anatomo-pathologiques,
- IF, Elisa, Western blot,
- hémogramme,
- bilan hépatique,
- échographie,
- rectoscopie,
- endoscopie,
- uroscopie,
- bilan de stérilité,
- ECBU,
- bandelette urinaire.
Complications de l’affection
- Cardiaques et pulmonaires :
- HTAP,
- insuffisance ventriculaire droite.
- Neurologiques :
- hypertension intra-crânienne,
- crises convulsives,
- myélite aiguë,
- compression médullaire.
- Cutanées (bilharziomes des organes génitaux externes, des régions périnéales et fessières) .
- Salmonelloses récidivantes.
- Cancérologiques (carcinome épidermoïde vésical, adénocarcinome colique).
Traitement
- Traitement de l’affection :
- antibilharzien : praziquantel.
- Traitement des complications :
- antiobiotiques,
- chirurgie,
- ablation rein,
- élimination de calculs,
- plastie,
- pour l’hypertension portale : médicaments (diurétique, bêtabloquants…), endoscopie, chirurgie.
Sources
Bilharziose compliquée, HAS, octobre 2007.
Crédit photo : Talisalex | Dreamstime.com
Dernière modification le vendredi 10 juillet 2009 à 14:39:39.
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE