Bonjour à tous,
Juste une petite description rapide de l'IVG médicamenteuse que j'ai subi il y a quelques jours. J'avais beaucoup cherché de renseignements sur les forums avant, donc je sais que les témoignages peuvent aider à mieux anticiper et vivre la chose. Rien ne remplace néanmoins les infos que peut vous donner un médecin (même si le mien n'était pas toujours très "délicat" dans sa façon de parler...).
Enceinte de 5 semaines (7 semaines d'aménhorrée), j'ai pris un premier cachet le vendredi après-midi, chez mon médecin. Très peu d'effets secondaires, un peu mal au ventre et de très légers saignements le lendemain.
Je devais prendre les 2 cachets suivants le dimanche matin, chez moi. Mon médecin m'avait prescrit des anti-douleurs, au cas où, en me conseillant de ne pas les prendre à jeun.
Environ 1/2h après la prise de ces 2 cachets, des douleurs semblables à celles qu'on peut avoir quand on a ses règles ont commencé à se faire sentir. J'ai donc pris très vite des anti-douleurs. Le temps qu'ils fassent effet (j'aurais dû les prendre avant...), j'avoue que j'ai bien passé une heure horrible, allongée sur mon lit, à me tenir le ventre et à paniquer. Je vous conseille d'être entourée, de votre copain dans l'idéal, ou d'une amie au moins.
Passée cette première heure difficile, le reste n'a pas été trop douloureux. J'ai même dormi les 2H qui ont suivi, mais je le déconseille car, on ne sait jamais, le risque de faire une hémorragie existe, et il vaut mieux pour cela pouvoir vérifier ses saignements. Mon médecin m'avait indiqué que si je devais changer de protection hygiénique toutes les 1/2h, pendant plus de 2H d'affilée, c'est que les saignements étaient trop abondants et qu'il fallait appeler les urgences. Heureusement je n'ai pas été confrontée à cette situation.
Les premiers vrais saignements ont commencé environ 4 ou 5 heures après la prise des cachets. Plus aucune douleur par contre, parce que j'ai continué à prendre des anti-douleurs toutes les 3 heures environ.
Pour répondre à celles qui s'interrogent sur la "vision" de l'oeuf, j'ai personnellement senti et vu l'expulsion de la "poche". Au début je n'arrivais pas à savoir si "ça avait marché", et j'imaginais que, vu les caillots, l'oeuf avait du partir lui aussi. Mais en fait ce n'est que vers 18H (j'avais pris mon cachet à 9H le matin) que ça s'est passé. J'étais assise et j'ai senti un truc bizarre sortir donc je suis vite allée aux toilettes. Et là, sur ma serviette, il y avait une poche visqueuse avec l'oeuf dedans. On ne distinguait quasiment pas l'oeuf dedans (à vrai dire j'ai pas trop insisté pour regarder), mais on voyait bien que ce n'était pas un caillot ! La "poche" faisait environ la taille du cercle que l'on fait en rejoignant son pouce et son index (comme pour dire ok). Je n'ai pas l'impression d'exagérer cette taille, je me souviens très bien de cette vision horrible sur la serviette...
En bref, mieux vaut avoir quelqu'un avec soi pour en parler et pour être rassurée, surtout quand on a mal. Avec le recul, je m'attendais à bien pire au niveau des douleurs. Si vous prenez des antidouleurs juste avant (genre diantalvic), ça se passe très bien, mais j'imagine que ça dépend des femmes.
Quant à la vision du truc, c'est pour ma part ce qui m'a le plus perturbée. D'un côté j'étais soulagée de voir que ça avait marché, de l'autre, c'est vraiment dégueu, et faut vraiment être prévenue que oui, on peut voir la poche et l'oeuf dedans.
Là ça fait 3 jours, et j'ai encore des saignements très abondants, mais j'espère que ça ne va pas trop durer. Je n'ai pas encore de regrets. C'est surtout avant de prendre les cachets, et de prendre ma décision, que j'ai pleuré et que j'ai regretté "à l'avance". J'imagine que, quand le "choc" sera passé, ce sera peut-être difficile, mais là, ça va, une bonne partie de mon angoisse est évacuée.
Je souhaite en tous cas bon courage à toutes celles qui passent par là.
Par ailleurs, je trouve ça assez déplacé que certaines personnes sur le forum, qui visiblement ont eu une expérience différente de la mienne, en tirent des généralités du genre : "non vous avez confondu" "non c'est impossible" "non le médecin m'a dit". Pour l'avoir vécu, c'est très possible de voir la poche, mais si vous n'avez rien vu, j'ai envie de dire : tant mieux pour vous. Si j'avais pu choisir, j'aurais préféré ne rien voir et ne rien sentir.