Le périmètre abdominal
Du côté des risques cardiovasculaires, depuis 2002, une tendance émerge : le périmètre abdominal constituerait un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires et serait prédictif de la présence d’autres facteurs.
Un paramètre qu’il est donc primordial de prendre en compte, d’autant plus qu’il est facilement mesurable.
Néanmoins, la prévalence d’obésité abdominale (OA) en France, de même que la distribution des facteurs de risque associés sont inconnues.
Le Programme Ornicar
Le programme épidémiologique Ornicar (ObseRvatoire du NIveau de risque CARdiovasculaire), programme épidémiologique sur les facteurs de risque cardiovasculaire , réalisé avec le soutien de Sanofi-aventis, est destiné à pallier cette lacune.
La méthode comporte deux étapes : une étude transversale de prévalence de l’obésité abdominale chez des patients consultant en médecine de ville(médecine générale, cardiologie, endocrino-diabétologie), puis un suivi longitudinal de la prise en charge des facteurs de risque.
Graisse :la localisation domine le poids
Plusieurs études récentes ont démontré que le périmètre abdominal était un meilleur indicateur de risque cardiovasculaire que l’indice de masse corporel (IMC).
“Le tour de taille est donc un facteur de risque majeur et il est très facilement mesurable avec des seuils de référence connus.
D’après le National Cholesterol Education Program (NCEP), il y a obésité abdominale lorsque
le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme,” explique Philippe Amouyel, épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille et président du comité scientifique d’Ornicar.
Mais pour se rendre compte de l’ampleur du problème, encore fallait-il disposer de données chiffrées. D’où cette étude transversale, multicentrique, menée en 2006 auprès de 1 125 généralistes répartis sur tout le territoire français.
Des chiffres qui dépassent les craintes
Au total, 2 294 patients dont 51,4 % de femmes ont été intégrés à l’étude.
- La population échantillonnée avait un âge moyen d’environ 55 ans et présentait des prévalences de surpoids et d’obésité comparables à celles habituellement reportées pour la population française à savoir :
- 33% de surpoids et 27% d’obésité chez les femmes
- 47 % de surpoids et 29 % d’obésité chez les hommes.
- La prévalence d’obésité abdominale, en revanche, s’est révélée bien plus forte qu’attendue.
- Avec un périmètre abdominal moyen de 90,4 cm, 56 % des femmes seraient atteintes d’OA.
- La situation chez les hommes quant à elle est légèrement moins catastrophique avec un périmètre abdominal moyen à la limite de la norme (101 cm) et une prévalence d’OA de 48 %.
Cette étude révèle, par ailleurs, que dans les deux sexes, l’obésité abdominale est inversement corrélée aux niveaux d’activité physique et d’études.
L’obésité abdominale : facteur aggravant
Mais c’est surtout lorsque l’on analyse les résultats de prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire par quintiles de périmètre abdominal, que l’on réalise toute l’importance de ce paramètre.
Car excepté pour le tabac, les prévalences de chacun des facteurs augmentent avec le tour de taille.
Le diabète
Le taux de diabète de type 2 serait quatorze fois plus important chez les femmes appartenant au dernier quintile de périmètre abdominal (> 103 cm) que celles appartenant au premier (< 78 cm).
Les hommes ne sont pas épargnés, avec un risque de diabète de type 2 multiplié par sept, entre ceux ayant un périmètre abdominal inférieur à 91 cm et ceux dépassant les 112 cm.
Le cholestérol, l’hypertension artérielle
- Côté lipides, le verdict n’est pas plus reluisant. Les prévalences d’hypoHDLémie, d’hypercholestérolémie et d’hypertriglycéridémie augmentent de manière drastique avec le périmètre abdominal, chez la femme comme chez l’homme.
- Et idem concernant l’hypertension artérielle.
Bilan : le nombre de facteurs de risque augmente avec le périmètre abdominal.
Comme l’indique Le graphique, il est multiplié par deux chez les hommes et par trois chez les femmes.
Mesurer le périmètre abdominal : un geste simple à effectuer lors d’une consultation
“
En pratique quotidienne, lors d’une première consultation, la mesure du périmètre abdominal représente donc un moyen simple et efficace de déterminer la présence d’un facteur de risque cardiovasculaire important,” conclut donc de ces résultats Denis Pouchain, médecin généraliste, UFR Paris Ile-de-France Ouest, membre du comité scientifique de l’étude.
“Cette mesure peut constituer une bonne porte d’entrée à l’analyse ultérieure des autres facteurs de risque, notamment chez les patients non obèses mais présentant néanmoins une obésité abdominale.”
- Les membres du programme Ornicar souhaitent que ces résultats s’accompagnent d’une évolution simple dans la pratique, avec une généralisation de la mesure du tour de taille accompagnée d’une sensibilisation du patient au risque d’une obésité abdominale, en particulier chez les hommes
de plus de cinquante ans et les femmes de plus de soixante ans dont le profil de risque est inconnu.
Ne pas oublier l’activité physique
Une occasion également de rappeler l’intérêt d’une activité physique quotidienne, même chez le sujet d’âge mûr dont l’IMC ne révèle pas de surcharge pondérale majeure.
Source: Revue Nutrition Infos
Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE