De toute façon pas d'inquiétude: si tu n'as pas d'antigène HBs, ton sang ne contient pas de virus hépatiques B libres (s'il y en avait d'ailleurs, ou si tu venais juste de te faire vacciner dans les 4 dernières semaines, tes taux d'anticorps anti-HBs seraient nettement plus élevés que ce que tu as).
Note: les anticorps anti-CMV ne sont pas dirigés contre les virus de l'hépatite B, mais vers les cytomégalovirus (qui sont recherchés chez les personnes transfusées, dialysées ou transplantées, car ils sont particulièrement dangereux chez elles avec les traitements antirejets et immunodépresseurs, ou chez les personnes déjà gravement immunodéprimées: c'est pour elles qu'ont été développées des sérums anti-CMV et diverses stratégies d'assistance immunologique plus ou moins spécifiques, mais ces traitements sont lourds et chers). De plus les cytomégalovirus peuvent épuiser tellement un système immunitaire qu'ils peuvent permettre des coinfections opportunes.
Les CMV sont très courants, partout dans le monde et toute l'année, il est normal d'avoir des anticorps dirigés contre un certain nombre d'entre eux.
Nombre d'entre eux passent inaperçus (asymptomatiques dans 90% des cas) et sont la plupart du temps bénins (ce sont des virus très fragiles dont seul l'homme est le réservoir et le transmetteur, par toutes les sécrétions corporelles: non seulement le sang ou les liquides sexuels, mais aussi le lait, les larmes, la salive, et même la sueur... mais leurs effets se limitent suovent, quand ils sont visibles, à des courtes péridoes de boutons, aphtes, rougeurs et assèchements de la peau avec démangeaisons, ou des inflammations assimilées à des angines, souvent sans fièvre avec seulement un peu plus de fatigue).
On y compte cependant des herpès assez virulents, et diverses infections congénitales pouvant affecter les fœtus. Il sont le plus souvent dangereux uniquement chez eux où ils peuvent être reponsables de malformations et les plus jeunes nourissons où ils peuvent causer des retards de croissance ou de dévelopement des capacités cognitives, ou chez la femme enceinte et les sujets immonodéprimés.
Chez nombre d'enfants on compte aussi la varicelle souvent bénigne avant la puberté (si tu as eu la varicelle dans l'enfance, tu reste vacciné ensuite toute ta vie et tu es guéri, et tu sera positif avec un taux élevé d'anticorps anti-CMV). Chez l'adulte et notamment les jeunes pubères, la varicelle peut être nettement plus sérieuse et perturber le développement des organes sexuel.
Cependant le terme de "positif" pour les anti-CMV ne signifie rien ici sans les chiffres et la méthode utilisée pour la détection: ils sont à interpréter en fonction de ce qu'on peut aussi chercher (ici probablement en tant que coinfection dangereuse avec l'hépatite). Ton médecin doit savoir plus exactement la méthode qui a été demandée et interpréter l'examen dans sa globalité, et aussi en fonction de ta physionomie et ton historique de santé.
Il est donc rare de faire rechercher les anticorps anti-CMV chez les hommes adultes (non immunodéprimés) et chez les enfants, on ne le fait que chez les femmes en âge de procréer, uniquement pour savoir si elles ont une infection aigue encours, sinon on les traite et on leur conseille d'attendre la guérison complète des varicelles ou une période asymtomatique des herpès, avant de tenter une grossesse. Sinon on va aider leur système immunitaire avec des traitements anti-CMV si la protection n'est pas suffisante.
En revanche, il faut savoir qu'un adulte "guéri" d'un herpès reste un réservoir sain et hautement contaminant pour ces herpès (et donc peut les transmettre, d'autant qu'ils sont facilement contagieux, même sans rapport sexuel car tous les liquides corporels sont des vecteurs possibles); et leur herpès peut encore se manifester de temps en temps chez les personnes "guéries", avec des réactions localisées quasi-allergiques génantes mais habituellement bénignes. Ces CMV sont en revanche très dangereux chez les immunodéprimés et leur être rapidement fatal (c'est une cause majeure des décès des malades du sida par exemple).
Un taux très élevé de CMV ne passe généralement pas inaperçu par ses effets visibles (développement de boutons, plaques, rougeurs, démangeaisons... en divers endroits mais surtout ceux proches des zones de sécrétions: lèvres, aisselles, seins, organes génitaux, anus, conjonctivites, bouche, gorge, et toutes zones de de sudation abondante). Les cas les plus sévères d'infection touchent les poumons ou les bronches (avec des riques d'insuffisance respiratoire). Comme il s'agit de virus et non de bactéries, il est très difficile de les éviter même avec une hygiène habituelle.
Au mieux on peut essayer de limiter les échanges de liquides corporels; cependant comme ce virus est fragile, il ne résiste pas longtemps à l'air libre; dans les maternités et services d'immunologie, cela veut dire ports de gants, bonnets, blouses, ports de vêtements propres et secs, ne pas partager ou échanger serviettes et éponges de toilettes, ne pas prendre les bains en commun ou dans les mêmes eaux, serviettes en papier jetables pour le personnel, aération des literies, changement fréquents des draps, et on limite le nombre de personnes en contact. Dans les couples dont un partenaire est ou a été infecté, on évite toute surinfection surtout quand la femmes est enceinte: le préservatif est alors hautement conseillé même chez les couples stables durant cette période, pour éviter de contaminer le fœtus dans les échanges de liquides corporels. L'herpès en phase aigue chez la femme peut aussi contrindiquer l'allaitement des nourissons.
On recherche donc les CMV dans les examens prénataux, et chez tous les donneurs et receveurs d'organes. Ils ne sont pas recherchés systématiquement pour le donc de sang, car leur grande fragilité permet de les éliminer dans la préparation des produits sanguins avec des traitements anti-CMV très efficaces.
En revanche, une autre famille de virus est plus intéressante à détecter lors des dons de sang: les HTLV (Human Thymus Lymphoma Virus), en fait les anticorps dirigés contre eux, responsables des leucémies à lymphocites T (ou lymphomes). Différents du sida, ils sont aussi responsables d'une immunodéficience. Ils sont toutefois longtemps asymptomatiques et l'évolution de la maladie dans une forme grave est rare. La détection est systématique en France pour les dons de sang et d'organes (chez les hommes comme chez les femmes car les deux sont réservoirs), et conseillée pour les examens prénataux de la femme enceinte. Les HTLV sont transmissibles par le lait maternel et les contacts sexuels.